Lago General Carrera : paysages, activités et accès au plus grand lac du Chili

par | Jan 8, 2026 | Chili

Meta description : Au Lago General Carrera, entre Chili et Argentine, l’eau turquoise, les grottes de marbre et les villages isolés de Patagonie se découvrent lentement, au rythme du vent et des vagues.

Le matin, quand la lumière glisse sur le Lago General Carrera, l’eau prend une couleur presque irréelle, quelque part entre le turquoise laiteux et le bleu profond. Le vent porte l’odeur humide des montagnes, le léger clapotis contre la coque d’un bateau, les cris lointains des oiseaux qui tournent au-dessus des falaises. Tu te demandes peut-être à quoi ressemble vraiment le plus grand lac du Chili, de l’intérieur, quand on s’y laisse envelopper plutôt que de simplement le regarder depuis une photo.

Ce coin de Patagonie ne se livre pas d’un coup. Il parle par nuances : un rayon de soleil qui surgit après une averse, un virage de la Carretera Austral qui dévoile soudain une étendue d’eau infinie, un pêcheur qui raconte la fois où le vent a retourné son bateau. Le tourisme au Chili a beau se développer, ici tout semble encore brut, un peu sauvage, comme si tu marchais en permanence sur une frontière entre monde habité et nature intacte.

En t’attardant sur ces rives, tu découvres bien plus que de simples paysages : une mosaïque de villages, d’histoires de colons venus par l’Argentine, de vergers inattendus au milieu du vent patagon, mais aussi un terrain de jeu incroyable pour les activités nautiques et la randonnée. Cet article t’emmène des grottes de marbre aux sentiers qui dominent le lac, puis jusqu’aux coulisses plus pratiques : accès, saisons, budget, transports, pour que ton voyage reste fluide, même au bout du monde.

En bref 🌊

  • 🌍 Lago General Carrera : lac binational entre Chili et Argentine, aussi appelé lac Buenos Aires côté argentin.
  • 💧 Superficie d’environ 1 850 km², profondeur maximale proche de 590 m, façonné par les glaciers andins.
  • 🏞️ Célèbre pour ses grottes de marbre aux reflets bleus, accessibles en bateau ou en kayak depuis Puerto Río Tranquilo.
  • 🚐 Accès principal par la Carretera Austral côté chilien et par la RN40 côté argentin.
  • 🛶 Nombreuses activités nautiques : kayak, navigation, pêche sportive, petites croisières.
  • 🥾 Spots de randonnée et belvédères avec vues spectaculaires sur les Andes et les glaciers.
  • 🍒 Microclimat étonnamment doux autour de Chile Chico et Los Antiguos, vergers, ambiance de “riviera patagone”.
  • 🐢 Destination idéale pour le slow travel : villages isolés, trajets lents, rencontres avec les habitants, rythme apaisé.

Paysages du Lago General Carrera : entre glaciers, marbre et lumière changeante

La première fois que tu t’approches du Lago General Carrera par la route, c’est souvent par une succession de virages serrés. La voiture longe des falaises, la poussière de gravier flotte derrière toi, et soudain, sans prévenir, l’horizon s’ouvre sur une nappe turquoise qui semble toucher le ciel. Ce contraste entre routes cabossées et immensité liquide crée une sensation étrange : celle d’avoir franchi une porte invisible vers un autre monde.

Le lac est une ancienne cuvette glaciaire, lovée entre deux chaînes andines. Sur la rive chilienne, les montagnes plongent presque directement dans l’eau, avec des pentes abruptes, striées de cascades et de petites forêts andines.

Côté argentin, tout change : la surface s’étale sur un vaste plateau de steppe, la Meseta del Lago Buenos Aires, ponctuée de vieux cônes volcaniques et de petits lacs. Cette dualité donne l’impression de visiter deux univers en un seul voyage.

Les chiffres eux-mêmes racontent l’ampleur du lieu : environ 1 850 km² de surface, une profondeur maximisée à près de 590 mètres, une eau qui se fraie finalement un chemin vers l’océan Pacifique par le lac Bertrand puis le río Baker. Au fil de la journée, la lumière transforme tout : le matin, les eaux paraissent laiteuses, presque opaques, puis deviennent d’un bleu électrique quand le soleil est haut, avant de se teinter d’orange et de violet au crépuscule.

Par temps calme, le lac ressemble à un gigantesque miroir qui reflète les sommets andins. Quand le vent se lève, les vagues se dressent, l’écume claque sur les rochers et on comprend immédiatement pourquoi les habitants respectent autant ce colosse d’eau. Certains soirs, les nuages descendent si bas qu’ils enveloppent la surface, ne laissant émerger que quelques pointes de rochers comme des îles fantômes.

Une scène revient souvent dans les récits de voyageurs : celle d’un coucher de soleil observé depuis un petit promontoire au-dessus de Puerto Ingeniero Ibáñez. Le vent glacial pique les joues, les couleurs changent à vue d’œil, et le lac passe progressivement du turquoise au bleu pétrole. Les lumières des maisons s’allument une à une au bord de l’eau, tandis que les dernières embarcations rejoignent le port, le moteur ronronnant à peine audible face au souffle du vent.

Au centre de cette immensité, une merveille minérale attire tous les regards : la Cathédrale de marbre et ses grottes sculptées, réputées dans tout le tourisme Chili. Ces formations calcaires polies par des millénaires de vagues présentent des marbrures blanches, grises et bleutées. Quand la lumière du matin s’y engouffre, les parois prennent des teintes presque fluorescentes qui se reflètent dans l’eau.

Les alentours ne se résument pas à l’eau. Les pentes voisines sont couvertes d’une végétation andine robuste, adaptée au froid : buissons bas, herbes dorées, forêts de lengas et de ñires.

Dans le ciel tournent souvent des condors, profitant des courants ascendants le long des falaises. Les jours de chance, certains voyageurs aperçoivent des traces de puma sur les sentiers, rappels discrets que la nature ici garde la main.

Ce qui frappe surtout, c’est le silence. En dehors du vent et des vagues, peu de bruit.

Parfois, un camion passe sur la piste de la Carretera Austral et laisse derrière lui un nuage de poussière. Parfois, un chien aboie au loin dans un hameau.

Ce calme profond donne au regard le temps de se poser sur chaque détail : la couleur de l’eau, la texture du rocher, le mouvement lent d’un bateau de pêche au milieu de l’immensité.

Une journée passée simplement à observer ce lac suffit à comprendre pourquoi tant de voyageurs, une fois partis, n’arrivent plus vraiment à l’oublier.

Un lac, deux pays : atmosphères différentes sur chaque rive

Le Lago General Carrera porte deux noms : General Carrera au Chili, Buenos Aires en Argentine. Cette double identité se ressent sur les rives.

Côté chilien, villages disséminés, routes plus sauvages, ambiance pionnière. Côté argentin, accès plus direct, vergers, petites villes plus installées comme Los Antiguos et Perito Moreno.

Une anecdote illustre cette différence : certains voyageurs racontent avoir passé la journée à se baigner (très rapidement, l’eau reste glacée) sur une plage de galets côté argentin, avant de traverser vers Chile Chico et d’avoir l’impression de débarquer dans un autre pays, plus rocailleux, plus escarpé, plus contraint par la montagne. Même lac, même eau, mais deux façons de l’habiter.

Ce contraste donne un avantage rare : en un court trajet, tu peux passer de l’ambiance de plateau semi-désertique balayé par le vent à celle d’un fjord alpin encaissé. Cette diversité de paysages est l’un des grands atouts de la région, surtout si tu voyages en mode lent, en prenant le temps de changer de rive et de rythme.

Au fond, ce lac est autant un décor qu’un personnage. Il structure la vie locale, les routes, les histoires de colons, les souvenirs de tempêtes et de journées de grand calme. L’observer, c’est déjà commencer à le comprendre.

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Activités nautiques et expériences sur l’eau : kayak, bateaux et pêche sportive

Si marcher au bord du lac impressionne, se retrouver dessus change tout. Dès que la coque fend la surface, le regard se place au niveau de l’eau et le Lago General Carrera paraît encore plus immense. Chaque vague soulève légèrement le bateau, chaque rafale de vent rappelle que ce n’est pas un simple lac de montagne, mais un géant profond, aux humeurs parfois brusques.

Les activités nautiques sont variées et adaptées à différents rythmes de voyage. L’option la plus douce reste la petite navigation en bateau depuis Puerto Río Tranquilo pour découvrir les grottes de marbre. Le moteur ronfle doucement, l’air est frais, les gouttes d’eau fouettent le visage, et peu à peu apparaissent les arches calcaires qui semblent flotter sur l’eau turquoise.

Une alternative plus intime consiste à partir en kayak. La mise à l’eau se fait souvent au lever du jour, quand le lac est encore relativement calme.

La pagaie glisse dans l’eau glacée, le bruit des gouttes qui retombent rythme la progression. Entrer en silence dans une petite cavité de marbre, sans moteur, juste avec le léger clapotis des vagues qui résonne contre les parois, crée une proximité presque physique avec la roche.

Certains guides partagent des souvenirs de sorties où la météo a tout changé. Une matinée annoncée comme nuageuse se transforme soudain en éclaircie, et la lumière inonde l’intérieur des grottes, faisant danser des reflets bleus sur le plafond.

À l’inverse, il arrive que le vent se lève plus tôt que prévu et oblige le groupe à rebrousser chemin. Ici, la sécurité passe avant le programme, et il faut accepter que la nature décide.

Les amateurs de pêche sportive trouvent aussi leur bonheur. Le lac abrite des truites et d’autres salmonidés qui attirent des passionnés du monde entier.

Les départs se font tôt, souvent dans un froid mordant. Les embarcations s’éloignent des rives, les lignes sont lancées, et le temps semble se suspendre, rythmé par les vagues et l’attention portée au moindre frémissement du fil.

Pour bien vivre ces expériences sur l’eau, quelques réflexes pratiques font la différence :

  • 🧥 Prévoir des couches chaudes : même en été, le vent patagon peut être glacial.
  • 🕶️ Protéger yeux et peau : la réverbération sur l’eau est forte, lunettes de soleil et crème solaire sont indispensables.
  • 📆 Réserver à l’avance : surtout en haute saison (décembre-février), les sorties grottes de marbre affichent vite complet.
  • 💬 Écouter les consignes des guides : leur expérience locale aide à anticiper les changements de météo.

Une histoire revient souvent du côté de Puerto Río Tranquilo : celle de petites sorties en kayak qui se terminent au retour sur une minuscule plage de galets, avec un thermos de maté ou de café partagé pendant que le vent redouble. Ce sont ces moments, simples mais intenses, qui restent gravés, beaucoup plus qu’une liste de “spots incontournables”.

Conseils slow travel pour profiter des activités nautiques sans se presser

Sur ce lac, la tentation est forte d’enchaîner toutes les activités : bateau, kayak, pêche, belvédères. Pourtant, l’expérience devient plus riche quand tu ralentis. Plutôt que de remplir une seule journée, mieux vaut prévoir au moins deux ou trois jours autour de Puerto Río Tranquilo ou Chile Chico.

En arrivant la veille, tu peux t’adapter à la météo, souvent changeante. Un jour sera peut-être idéal pour les grottes de marbre, un autre pour une sortie plus longue sur le lac ou une petite croisière vers des îlots plus lointains. Entre deux, une simple balade sur la plage, à écouter les vagues et à discuter avec les pêcheurs, apporte une autre dimension au voyage.

Le slow travel ici, c’est aussi respecter le lac. Accepter d’annuler une activité si le vent se lève trop fort, privilégier des opérateurs qui limitent le nombre de personnes à bord, choisir le kayak pour réduire le bruit et la pollution, ou encore planifier une journée sans rien de prévu, juste pour observer les changements de lumière depuis différentes rives.

QUEL EST LE PLUS GRAND LAC D

Prendre le temps sur l’eau, c’est finalement laisser le lac imprimer son propre rythme sur ton voyage.

Randonnée et points de vue : marcher pour comprendre le lac

À un moment, l’envie vient naturellement de prendre de la hauteur. Marcher au-dessus du Lago General Carrera permet de saisir sa forme, ses couleurs, son intégration dans la cordillère. Les sentiers ne sont pas tous balisés comme dans les grandes destinations de trekking, mais c’est justement ce qui donne cette impression d’aventure encore un peu secrète.

Autour de Puerto Río Tranquilo et de Puerto Ingeniero Ibáñez, plusieurs chemins montent sur les collines qui dominent le lac. Les premiers mètres traversent souvent des buissons épineux, des herbes hautes, parfois d’anciens pâturages d’élevage ovin. Puis la vue se dégage, et la surface turquoise apparaît en contrebas, frangée de petites baies et de falaises.

Ce qui surprend, c’est la diversité des couleurs. Au printemps, les pentes se couvrent de fleurs jaunes et violettes, contrastant avec le bleu du lac.

En automne, les arbres andins virent au rouge et à l’orange, donnant à l’ensemble un air presque canadien. Marcher ici, c’est traverser une palette de peintre en plein air.

Une anecdote typique : certains randonneurs racontent ce moment où, après une montée raide, ils se retournent pour la première fois sur le lac. Le souffle court, autant à cause de l’effort que de la vue, ils découvrent une enfilade de baies, de péninsules, de reflets.

En contrebas, les petits bateaux ressemblent à des jouets. Le vent, plus fort en altitude, donne l’impression d’être littéralement suspendu entre ciel et eau.

Côté argentin, les balades sur la Meseta del Lago Buenos Aires offrent une autre ambiance. Le terrain y est plus sec, la végétation plus basse, et la sensation de vastitude est encore plus marquée. Les vues embrassent le lac tout entier et, par temps clair, permettent d’apercevoir les sommets enneigés des Andes au loin, comme une barrière blanche.

Pour organiser tes sorties à pied autour du lac le plus grand du Chili, quelques repères concrets peuvent aider :

📍 Zone 🥾 Type de randonnée ⏱️ Durée moyenne 🌡️ Niveau & conseils
Puerto Río Tranquilo Belvédères sur le lac et sentiers vers les collines 2 à 4 h Facile à modéré, prévoir coupe-vent et eau 💨
Puerto Ingeniero Ibáñez Montées progressives avec vues panoramiques 3 à 5 h Modéré, météo changeante, bon repérage du sentier ⛰️
Chile Chico / Los Antiguos Balades dans la steppe et la “riviera” du lac 1 à 3 h Facile, soleil fort, chapeau et crème solaire indispensables ☀️

Pour toi qui aimes la randonnée contemplative, ces itinéraires sont parfaits. Pas besoin de performance, juste de régularité et d’attention. Chaque pause devient l’occasion d’écouter le vent, d’observer un oiseau, ou de regarder les vaguelettes s’écraser sur une petite plage en contrebas.

Marcher lentement, rencontrer différemment

La marche autour du Lago General Carrera ne se résume pas à la vue. Dès que tu quittes les axes principaux, tu passes près de petites fermes isolées, de clôtures de bois, de chiens qui aboient à ton approche. Un salut de la main, un mot en espagnol, et la conversation s’engage souvent autour de la météo, des dernières éruptions du volcan Hudson, ou de l’époque où la région vivait surtout de l’élevage et des mines.

Des voyageurs racontent s’être fait offrir un maté en plein milieu d’un chemin, par un habitant occupé à réparer une barrière. En quelques minutes, le lac devient un fond de décor, et c’est la vie quotidienne qui prend le dessus : récolte de fruits, souvenir de la construction de la piste sur la rive sud dans les années 1990, arrivée de l’électricité ou de la connexion internet dans le village.

En ralentissant le pas, tu entres dans une autre dimension du tourisme Chili : celle des rencontres, des voix, des visages. Et tu découvres que ces paysages prennent une profondeur nouvelle quand ils s’accompagnent d’histoires humaines.

Accès au Lago General Carrera : routes, traversées et logistique

Arriver jusqu’au Lago General Carrera, ce n’est pas seulement cocher une destination sur une carte, c’est déjà une part du voyage. Les routes se font de plus en plus sinueuses, les villages plus rares, les stations-service plus espacées. Le lac se mérite, mais cette progression renforce le sentiment de basculer progressivement dans une autre réalité.

Côté chilien, l’axe principal reste la mythique Carretera Austral. Depuis Coyhaique, la route descend vers le sud en longeant rivières et montagnes avant de rejoindre Puerto Ingeniero Ibáñez puis Puerto Río Tranquilo. Des portions sont encore en ripio (gravier), ce qui impose un rythme naturellement lent : 40 à 60 km/h en moyenne, parfois moins selon la météo.

Cette lenteur fait d’ailleurs partie du charme. On s’arrête sur un pont pour regarder une rivière couleur lait de glace, on prend une photo d’un glacier qui surgit derrière une colline, on discute avec un autre voyageur à la station-service. Beaucoup choisissent de combiner l’arrivée par la route avec une traversée en ferry entre Puerto Ingeniero Ibáñez et Chile Chico, un trajet sur le lac lui-même qui offre un premier contact puissant avec l’immensité de l’eau.

Côté argentin, l’accès est plus direct. La route nationale 40 (RN40) mène jusqu’à la petite ville de Perito Moreno, puis une route asphaltée relie Los Antiguos au bord du lac. De là, le passage vers Chile Chico se fait rapidement, ouvrant la porte à l’exploration de la rive sud chilienne et à la connexion, plus récente, avec la Carretera Austral par une piste taillée dans la montagne.

Pour visualiser ces options, voici un aperçu simple :

🚗 Itinéraire principal 🚩 Point de départ 🎯 Ville d’arrivée ⏳ Temps approximatif
Carretera Austral nord-sud Coyhaique (Chili) Puerto Río Tranquilo Environ 5 à 6 h, selon l’état de la piste ⏱️
Ferry sur le lac Puerto Ingeniero Ibáñez Chile Chico Environ 2 à 3 h de traversée en bateau ⛴️
RN40 côté argentin Perito Moreno (Argentine) Los Antiguos / frontière Chile Chico Environ 1 h 30 sur route asphaltée 🚙

Il est utile de prévoir des marges : une averse peut ralentir la progression, un éboulement temporaire peut obliger à attendre un engin de déblaiement, une vue imprévue peut t’inciter à t’arrêter plus souvent que prévu. Pour mieux comprendre l’esprit de ces routes patagonnes, des récits comme ceux de voyages d’immersion au nord de la Carretera Austral donnent un bon avant-goût de ce rythme à la fois exigeant et envoûtant.

Petits imprévus et vrais conseils de terrain

Sur ces routes, l’imprévu est normal. Des voyageurs se rappellent d’avoir dû patienter plusieurs heures à cause d’un chantier routier, transformant une simple liaison en occasion de partager un thermos avec des chauffeurs routiers, d’observer des condors tournoyer ou d’échanger des conseils d’itinéraires.

Pour rester serein, quelques recommandations simples aident vraiment :

  • Faire le plein dès que possible : les stations sont espacées, mieux vaut éviter de descendre sous la moitié du réservoir.
  • 📱 Télécharger les cartes hors-ligne : la couverture réseau est très inégale autour du lac.
  • 🥪 Prévoir snacks et eau : certains tronçons n’ont ni boutique ni café sur plusieurs dizaines de kilomètres.
  • 🕰️ Garder du temps en réserve : ne pas prévoir d’horaires trop rigides pour les étapes.

Ce rythme particulier, parfois déroutant, fait aussi qu’on regarde chaque arrêt différemment : non plus comme un retard, mais comme une nouvelle occasion de vivre quelque chose, même infime, sur le bord de ce lac immense.

Villages, microclimat et vie locale : le cœur humain du plus grand lac du Chili

Si le Lago General Carrera impressionne par sa taille, ce sont souvent les villages qui laissent les souvenirs les plus tendres. Au fil des décennies, de petites communautés se sont accrochées à ses rives, profitant d’un microclimat plus doux que le reste de la Patagonie. Le contraste entre la rudesse des montagnes et la chaleur humaine de ces bourgades donne à la région une atmosphère unique.

Chile Chico, sur la rive sud chilienne, en est l’exemple le plus parlant. On le surnomme parfois la “riviera de la Patagonie”.

L’été, la chaleur y est parfois surprenante, sèche et lumineuse. Dans les jardins et vergers, tu peux voir pousser des fruits et légumes en abondance : cerises, pommes, poires, tomates.

Les marchés locaux, modestes mais vivants, proposent des produits frais cultivés à quelques kilomètres seulement du lac.

Los Antiguos, juste de l’autre côté de la frontière argentine, partage cette ambiance. Chaque année, des festivités autour des fruits rouges attirent des visiteurs de la région.

Beaucoup de familles argentines viennent passer le week-end en profitant du lac, de plages de galets, de petites cabanes de location. Les enfants jouent près de l’eau pendant que les adultes discutent à l’ombre, avec en toile de fond les montagnes andines.

Une histoire souvent racontée par ceux qui ont passé du temps à Chile Chico : les soirées d’été où tout le monde se retrouve au bord du lac pendant que le vent se calme. Les conversations tournent autant autour de la météo que des éruptions passées du volcan Hudson, ou de la “Guerra de Chile Chico” au début du XXe siècle, quand les colons ont dû se battre pour garder leurs terres face aux grandes entreprises d’élevage.

Plus au nord, Puerto Ingeniero Ibáñez et Puerto Río Tranquilo ont une atmosphère différente, plus frontale face au vent. Les maisons basses, souvent colorées, semblent chercher la meilleure orientation possible pour se protéger des bourrasques. Les rues sont calmes, mais les petits cafés et hostales accueillent des voyageurs venus du monde entier pour explorer le lac le plus grand du Chili.

Dans ces villages, le temps ne s’écoule pas comme ailleurs. Les pauses café durent, les conversations avec les propriétaires de chambres d’hôtes peuvent se transformer en longues discussions sur la vie en Patagonie, les difficultés d’accès avant la construction des routes modernes, ou encore les projets de leurs enfants qui partent étudier à Coyhaique ou plus loin encore.

Pour vivre pleinement cette dimension locale du tourisme Chili, quelques attitudes font une vraie différence :

  • 😊 Prendre le temps de discuter avec les habitants, même quelques minutes.
  • 🛏️ Privilégier les petites pensions ou hébergements tenus par des familles.
  • 🍒 Goûter aux produits locaux : fruits, confitures, légumes du jardin, poissons du lac.
  • 🕊️ Respecter le rythme des lieux : garder le silence la nuit, ne pas déranger les animaux, rester discret sur les plages.

Rester deux ou trois jours dans un même village permet souvent de passer de “touriste de passage” à “visage familier” : le serveur du café te reconnaît, la boulangère te demande où tu vas ensuite, le propriétaire de ton hébergement te conseille une petite plage ou un mirador peu connu.

Slow travel et liens discrets

Dans cette région, le slow travel n’est pas une mode, mais presque une nécessité. Les distances, les pistes, la météo imposent une forme de simplicité. En acceptant cela, tu ouvres la porte à des rencontres imprévues : une invitation à partager un asado, la découverte d’une petite fête locale, une discussion sur les changements climatiques que les habitants perçoivent déjà dans leurs cultures ou leur pêche.

Au fil des jours, le lac cesse d’être seulement une carte postale. Il devient l’horizon quotidien des gens que tu croises.

Tu finis par comprendre que, pour eux, il n’est pas seulement un décor, mais une présence, parfois généreuse, parfois exigeante. Cette compréhension silencieuse, née de la lenteur et de la proximité, marque souvent plus que n’importe quelle photo au coucher du soleil.

Quelle est la meilleure période pour visiter le Lago General Carrera ?

La meilleure période s’étend généralement de novembre à mars, pendant l’été austral. Les journées sont plus longues, les températures plus douces et les conditions de navigation sur le lac plus favorables. Le printemps et le début de l’automne offrent aussi de belles lumières, mais la météo peut être plus changeante.

Comment accéder facilement au Lago General Carrera depuis le Chili ?

Depuis Coyhaique, tu peux rejoindre le lac en empruntant la Carretera Austral vers le sud jusqu’à Puerto Río Tranquilo ou Puerto Ingeniero Ibáñez. Compte entre cinq et six heures de route selon l’état de la piste. Une traversée en ferry relie également Puerto Ingeniero Ibáñez à Chile Chico, ce qui permet de combiner route et navigation.

Peut-on visiter les grottes de marbre sans expérience en kayak ?

Oui, il existe des excursions en bateau au départ de Puerto Río Tranquilo qui ne nécessitent aucune expérience particulière. Si tu souhaites une approche plus intime, les sorties en kayak sont proposées avec guide et équipement adapté. Dans tous les cas, les opérateurs s’adaptent au niveau et aux conditions météo du jour.

Le Lago General Carrera est-il adapté à un voyage en mode slow travel ?

Parfaitement. Les distances, la météo et le rythme des villages invitent à ralentir. En prévoyant plusieurs jours autour du lac, tu peux alterner activités nautiques, randonnées, rencontres avec les habitants et simples moments de contemplation, sans courir après un programme trop chargé.